C’est certain, la culture rend libre !
Alternatives Lycéennes, pour s’opposer mais aussi pour proposer … soit. Et bien je vais dénoncer ! De plus en plus, dans notre société de consommation effrénée, on nous donne à voir de nombreuses et belles images. Les médias ont indéniablement un pouvoir important, y compris celui de nous faire avaler des idées, nous les spectateurs béatement vautrés devant nos autels culturels que sont nos postes de télévisions. Alors pourquoi des pages culture ?
Je suis persuadé que la culture rend libre, que la culture n’est pas qu’un simple divertissement populaire comme pensent certaines personnes comme peut-être les élus UMP du Havre pour ceux qui ont bien pris quelques couleurs locales. La culture rend libre et c’est probablement pour cela qu’elle dérange, car oui en plus de coûter cher, elle dérange ; et en ce sens je suis tout à fait d’accord avec Kant sur le fait que nombre de consommateurs oisifs sont finalement des mineurs qui ne font que répéter comme des perroquets ce qu’on leur dit, et qui ne font que ce qu’on leur dit de faire, car certes il est parfois compliqué et fatiguant de penser, mais c’est ce qui fait notre liberté.
La culture il faut se l’approprier, chers amis ils faut penser, et ce même si c’est dur ou fatiguant : c’est le prix de la liberté. La culture appartient aux hommes libres, et pas seulement aux dits «_glandeurs de fac de Lettres ou de Philo_» comme j’ai pu récemment et encore une fois entendre.
Alors j’ai décidé, en tant que maître et responsable de cette rubrique, de vous faire partager un texte, datant de 1852 qui est un pamphlet, dans lequel il dénonce l’omniprésence / l’omnipotence de l’empereur de l’époque. J’ai envie de dire qu’il y a comme une ressemblance, et même une sorte d’intemporalité dans ce texte !
«Que peut-il_? Tout. Qu’a-t-il fait_? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène_: il fait rage, il touche à tout, il court après les projets_; ne pouvant créer, il décrète_; il cherche à donner le change sur sa nullité_; c’est le mouvement perpétuel_; mais, hélas_! cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue_! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé._»
Victor HUGO, dans ” Napoléon, le petit ” Réédité chez Actes Sud.
Et le saviez-vous ? Ce pamphlet a valu 20 ans d’exil à notre romantique Victor Hugo. En espérant pouvoir écrire au prochain numéro, je vous souhaite à tous et à toutes de bonnes vacances, et le mot de Cambronne pour les résultats de bac et de concours… Maël Goumri